Les nuages parfois
viennent reposer les gens
d'admirer la lune.
Matsuo Bashô
TOUT SUR MA MERE
Bonjour et bienvenus
#corbeile de fruits, jolis, jolis# roller ball et feutre#2008# by
Benéval


Les nuages parfois
viennent reposer les gens
d'admirer la lune.
Matsuo Bashô
...Juin
2007...Nous devons monter pour le mariage de mon beau-frère ...ma mère habite la commune à deux kilomètres de chez mes beaux-parents...ma soeur juste en face...Je suis toujours
allée les voir, au détriment de ma belle-famille, chez qui je n'ai jamais dormi plus de trois nuits d'affilé..mais depuis le coup de fil en janvier, je suis restée sur ma faim....Je n'ai pas eu
les réponses que j'attendais...à l'entendre il n'y avait rien de précis, quelques reproches vagues, toujours les mêmes : "_Tu as changé...tu es
différente..."...Je ne peux pas croire qu'on puisse laisser passer 10 mois sans prendre de nouvelles, sans répondre aux courriers des enfants simplement parce que j'ai changé et que je suis
différente...je ne comprends pas non plus comment on peut répondre au téléphone simplement, comme si rien ne s'était passé...Sinon pourquoi ce long silence ? Pourquoi toute cette souffrance ?
...Je décide de ne pas y aller...Ben (mon mari/ami)veut s'y rendre pour lui dire ce qu'il pense "de toute
cette histoire"(dixit)...! Il revient et me raconte...L'année précédant la semaine du "drame" (!), ma mère était venue passer trois semaines de vacances chez nous, ça n'était pas arrivé depuis
plus de 8 ans, nous étions ravis...je recevais en plus mon beau-frère et sa future femme, ma belle-soeur et son tout juste mari...c'est l'été...l'anniversaire de ma fille, tout va bien...sauf ma
mère...tout y passe: les larmes, que je tente d'apaiser, la culpabilité de ne pas nous avoir "bien élevé" alors que je ne lui demande rien, les réflexion assassines que je
fait mine de pas entendre, croyant me faire des idées...puis Ben revient de son séjour à l'étranger, alors elle se calme un peu...rentre chez elle...seulement voilà, j'avais déjà
changé ; nous n'habitions plus notre couloir miteux où la seule pièce à taille normale était pour notre fille, nous ne faisions plus la manche, nous ne
manquions plus de rien...nous vivions dans un 110 m2, nous étions salariés pour lui, en congé parentale pour moi...nous étions passés de l'autre côté...et quand, ironie
du sort, l'année suivante j'arrive avec un CD de photos de la maison que nous venions d'acquérir, ce fût un choc ! Pour ma soeur d'abord, qui se mît tout de suite en tête qu'elle aussi
serait "propriétaire", après tout "elle le valait bien!", voir même plus que moi...Elle devait subir les brimades de ma mère qui n'avait de cesse de faire des comparaisons sur
l'éducation de nos enfants : "_Regardes, comme ses enfants sont polis, comme ils sont sages !...ils parlent bien !...elle leur parle correctement !...etc,etc"...Elle lui montrerait qu'elle aussi
est une femme "bien"...Seulement son rêve allait vite prendre fin ; étant tous les deux fichés à la banque de France, aucune banque ne leur accorda de crédit...
1ère désillusion...Par dépit elle décida de déménager, mais dans sa précipitation, elle ne prît pas la peine de chercher ce qui
pouvait leur convenir, aveuglée par son obstination, la maison
individuelle convoîtée se transforme en appartement dans un immeuble sans balcon, ni jardin...Seul point positif : elle quitte sa cité qu'elle a toujours connu...Elle signifia à
ma mère de ne me communiquer ni sa nouvelle adresse, ni son numéro de téléphone...C'est son choix et je le respecte...Quant à ma mère : j'ai changé,
je suis passée définitivement de l'autre côté, comprenez "propriétaire" donc "petit bourgeois", je n'ai plus de nouvelles...depuis la dernière carte de voeux envoyée pour les dernières
fêtes...
..J'ai rompu mais il y aura d'autre cartes de voeux parce qu'on ne "désamour" pas du jour
au lendemain, parce qu'elles restent mes soeurs et ma mère qu'elles le veuillent ou non, parce que je suis différente mais que je ne changerais jamais...Je vais juste laisser faire le
temps comme un long fleuve tranquille.
...Janvier 2007..Les enfants ont envoyé une lettre pour les fêtes à leur tante et à leur grand-mère : aucune réponse...le
silence...on me dit qu'il faut que je les oublie, qu'une relation comme ça, ne vaut pas le coup, qu'elles sont jalouses et que c'est malsain...on me dit aussi que c'est leur
choix et qu'il faut que je l'accepte...oui, mais pas sans savoir...Je décide de rompre avec ma mère, j'écris donc une lettre de rupture dans laquelle je ne suis pas tendre...je
me sens méprisé donc je coupe les ponts..mais au moment de l'envoyer, impossible de mettre la main dessus...je l'interprète comme un signe...la colère me gagne et
la folie me guette...tout se chamboule dans ma tête...je ne pense qu'à eux... tout le temps...je suis mal...mes enfants le sente...mon mari le
sait...sur ses conseils, pour qui une mésentente familiale de longue durée et qui plus est sans raison apparente est inconcevable, pour qui l'enfant doit toujours faire
un pas vers ses parents, sur les conseils de mon mari donc, je téléphone à ma mère...mais pas avec les mêmes
convictions...pas cette fois....pas encore...Je veux des explications, je ne pense qu'à moi, je ne pense qu'à mes souffrances depuis 6 mois...je vois ça comme un
dû...Bien sûr que je l'appelle pour ça ! Pour quoi d'autre ? Savoir comment elle va ? Ca ne me traverse même pas l'esprit...
...Nous sommes en février...3h20 de communication...c'est éloquent...on parle de tout et
de rien, surtout de rien...elle me parle de sa vie, de son travail, de ses amours, j'écoute...je ne fait que ça...Je suis surprise que ce soit si simple, je mattendai à ce
qu'elle soit froide, distante, peu bavarde...après 6 mois de silence j'avais réussi à me convaincre qu'elle ne désirait plus me parler, plus me voir, qu'elle me méprisait... L'image d'une mère
qui n'a jamais aimé sa fille, l'image d'une mère qui n'était plus ma mère ne pouvait pas être cette femme que j'avais au bout du fil...et tout s'embrouille de
nouveau...